collège privé Saint Charles 95240 Cormeilles en Parisis
Voici la consigne donnée aux élèves :
"Donnez l'exemple d'un mystère de votre enfance que vous avez élucidé à l'adolescence"
Et voici 3 textes de nos élèves de 3 ème B
Un curieux prédateur
Lorsque j’étais enfant, je passais beaucoup de temps chez ma grand-mère. Elle habitait à la campagne. Sa grande maison était située au sommet d’une colline et entourée de champs et de forêts à perte de vue. Son jardin n’était délimité que par une ancienne ferme, à présent utilisée comme garage, et par ce qu’on avait surnommé « le poulailler » mais qui contenait en réalité toutes sortes d’animaux.
Tous les petits-enfants étaient chargés d’aller les nourrir après chaque repas. De plus, étant les seuls enfants du village, nous passions notre temps à caresser les lapins, courir après les poules ou bien à effrayer les canards et le chien. De sorte qu’ils devinrent rapidement de vrais amis, auxquels on attribua même des noms.
Cependant on remarquait régulièrement la disparition de certains de nos protégés. Or, lors d’une visite d’un voisin de notre grand-mère, nous surprîmes une conversation évoquant la présence de renards dans les environs. Nous en avions donc conclu que ces cruelles bêtes rousses venaient s’alimenter dans notre poulailler. Afin de protéger nos animaux de ce prédateur enfin démasqué, nous décidâmes de les enfermer chaque soir dans une vieille cabane en bois construite par notre grand-père quelques années auparavant. Malgré cela nous fûmes fort étonnés de constater que l’effectif de nos bêtes continuait de diminuer progressivement. Ces disparitions mystérieuses nous affligeaient néanmoins chacune de nos tentatives pour les arrêter étaient vaines.
Ce n’est que plusieurs années plus tard, lors des vacances de Pâques que nous pûmes percer ce mystère. En effet, un jour, nous surprîmes notre grand-mère en train d’attraper étrangement un lapin et l’emmener dans l’atelier. Désireux de comprendre ce qui se passait, nous décidâmes de la suivre. C’est alors qu’elle nous demanda de retourner dans nos chambres. Ceci ne fît qu’accroître notre curiosité. Nous courûmes alors dans la salle de bain à l’étage dont la fenêtre nous offrait une vision parfaite sur la scène qui se déroulait dans notre dos. Stupéfaits et affligés, nous vîmes notre grand-mère égorger et tuer ce lapin qui nous était si cher. Elle commença à le dépecer. A la vue de cet épisode sanglant nous détournâmes vivement le regard, dégoûtés. Une fois remis de nos émotions, nous décelâmes un second mystère. Nous nous demandions pour quelle raison notre aïeule avait commis un tel acte.
Cette réponse, nous la trouvâmes le midi-même lorsque nous découvrîmes, horrifiés, ce même lapin dans nos assiettes. C’est à cause de ce traumatisme qu’à présent aucun des sept petits-enfants de la famille ne mange de lapin.
Mathilde Desgranges 3ème B
LES MYSTERES DE L'ENFANCE
Après avoir regardé mon premier Walt Disney « Alice au pays des merveilles » à l'âge de six ans, je me suis posée des questions.
Et si le pays des merveilles existait ?
Après tout, personne ne l'avait jamais réellement vu, à part Alice, et même si mes parents n'y croyaient pas, ce n'étaient pas des raisons valables pour une petite fille de six ans comme moi.
Alors, il m'est venu à l'esprit de le chercher jusqu'à ce que je le trouve. Je ne pouvais pas demander conseil à qui que soit car personne ne m'aurait écouté ni même crue.
Je devrais me débrouiller par moi-même.
Ainsi, prenant mon courage à deux mains, je commençai la quête de ce merveilleux pays qui berça toute mon enfance.
Le Lundi de la rentrée scolaire, ma mère vint me chercher à la sortie de mon école. Lorsqu'elle me demanda comment s'était passée ma journée, je lui dit rapidement « bien », pour que l'on avance plus vite et que je puisse entamer mes recherches sur le Pays des Merveilles.
Enfin, arrivées chez nous, je déposai mon sac au sol et je courus au fond du jardin qui entourait l'arrière de ma maison pour que personne ne puisse me voir. Sous les arbres, autour des immenses racines qui faisaient le double de mes pieds, je cherchais le trou où était tombé Alice, en suivant le lapin Blanc. Aucune trace de lui.
Après des jours de recherches intenses dans mon jardin je finis par découvrir un trou qui me parut énorme à cet instant.
Ce trou avait quelque chose d'étrange et de passionnant à la fois.
Et si je l'avais trouvé ? Le trou qui conduisait sûrement à la réponse à tant de questions était là !
Sous mes yeux !
Je ne pus rester sans rien faire. Alors tendant une main tremblante vers le trou pour y chercher des indices, je vis une mue de chenille.
Je n'en croyais pas mes yeux. « Il existe..., répétai-je tout bas, il existe ! »
Alors courant dans ma chambre pour l'étudier, j'imaginai déjà Apsolème, la chenille bleue du film, s'envolant avec moi, me montrant tous les secrets du pays.
A la sortie de l'école le lendemain, ma mère me demanda ce que je faisais dans ma chambre et dans notre jardin pour courir ainsi comme une folle. Souvent, je lui répondais vaguement mais pas cette fois. Je tournai la tête vers elle, les yeux pleins d'espoirs et je lui répondis : « quelque chose de merveilleux ! »
Ainsi, tous les soirs, je m'asseyais près de ce trou espérant voir le lapin blanc courir avec sa montre à la main ; après le temps.
Malheureusement, il ne vint jamais. Alors, après des mois et des mois, j'ai commencé à cesser d'y croire...
L'année de mes onze ans, alors que j'allais rentrer au collège, mes parents nous parlèrent d'une idée qu'ils eurent :
« Les filles, dit mon père, pour fêter votre entrée au collège, nous avons décidé votre mère et moi de vous acheter un trampoline !
-Et puis, comme ça, ajouta ma mère, nous pourrons enfin nous préoccuper de reboucher ce vieux terrier de renard dont on devait s'occuper depuis bien longtemps ! ».
Ma sœur hurla de joie. J'étais abasourdie.
Le trou qui menait au pays des Merveilles était en fait un trou de renard !?
Non, ce n'était pas possible !
En y repensant aujourd'hui, je comprends bien à quel point les rêves des enfants sont merveilleux et totalement irréels.
Heureusement, dans mon esprit nouveau et réfléchi d'adolescente d'autres rêves y ont pris place.
Et certaines fois je me prends encore à me demander : « Et si le pays des Merveilles existait ailleurs ? »
Sorin Galathée 3B
Le frigidaire
Quand on est enfant, on se pose toujours des tas de questions, sur de grands mystères à propos des choses qui nous entourent. On peut tomber dans les pommes, mais peut-on tomber dans les poires ou dans les kiwis ? Les princesses rencontrent-elles leur mari au parc des princes ? Avant, il y avait des hommes préhistoriques, mais y avait-il des femmes préhistoriques ? Peut-on faire pousser des montagnes en plantant des cailloux ? Un arbre poussera-t-il dans mon ventre si j'avale un pépin ? Peut-on marcher sur la ligne d'horizon ? A l'auto école, les voitures apprennent-elles à lire les panneaux ? Moi aussi, j'avais donc mon petit mystère à élucider. Comment la lumière du frigidaire s'allume-t-elle lorsque l'on ouvre la porte ? Comment est-ce possible ? Y a t-il un petit monsieur, tout petit, tout petit, minuscule, qui allume la lumière ? Mais si c'est cela, il doit être vraiment farceur pour me faire tourner en bourrique pendant des heures. Pour se cacher très très vite lorsque j'ouvre la porte, pour ne pas que je le vois. Pour rigoler de moi quand j'ouvre tout doucement la porte pour essayer de le surprendre sans qu'il ne me remarque. Ou au contraire lorsque j'ouvre la porte d'un seul coup, très vite pour qu'il n'est pas le temps de réagir, et que, enfin j'arrive à découvrir qui il est, ce petit homme qui me rend folle. Justement, qui est-il ce petit monsieur ? Est-il gros, maigre, gentil, méchant, moustachu, barbu, rasé de près ? En tout cas une chose est sûre, il est plus malin que moi et arrive à chaque fois a me devancer, à comprendre mes manigances et surtout à me donner encore plus envie de découvrir qui il est ! Mais un jour je le promets, je le démasquerai ce facétieux bonhomme ! Et puis, où vit-il ? Possède-t-il une petite maison derrière le frigidaire ? Vit-il, au contraire, entre les yaourts et les légumes ? Enfin, de quoi se nourrit-il ? Nous vole-t-il de la nourriture ; nous, qui l'accueillons dans notre frigidaire ( un peu malgré nous, je l'avoue ) ? Oserait-il nous voler ce narquois petit homme ? D'ailleurs, je dis petit homme, mais est-ce une femme ? Une espiègle petite fée du logis ?
Et puis un jour, sans même penser à lui (ou à elle), j'ai ouvert le frigidaire et puis la lumière s'est brusquement éteinte ! Que faisait mon malin petit esprit ? Cet esprit que j'avais fini par apprécier et que, je portais depuis longtemps dans mon cœur à présent, malgré le fait qu'il me rende chèvre ! Alors, par étonnement, je me dégageais brusquement et la lumière se rallumait ! Que fabriquait-il, cet elfe roublard ? Tentait-il de me taquiner par un autre moyen que d'habitude ? Je repris ma position de départ et la lumière s'éteignit à nouveau ! Là, je vis un petit interrupteur, juste sous mon bras. Je le dégageai et la lumière s'alluma. J'appuyai à nouveau dessus. La lumière s'éteignit. Je commençais à comprendre mais continuais quand-même ce petit manège. Il n'y avait pas de personnalité taquine dans mon frigidaire. Juste un petit mécanisme sans intelligence ni humour, incapable de réfléchir et de penser. Je refermais donc ce frigidaire, qui avait été pour moi un antre de mystère. Je dis alors adieu, à mon petit démon à moi.
Tanguy Lila 3B